Inside Golden Trail Championship par Arnaud Tortel

Le Golden Trail Championship s’est déroulé du 28 octobre au 1er novembre 2020 aux Açores. J’étais présent pour l’événement en qualité de physiothérapeute de l’équipe international de trail Salomon, que je suis depuis 10 ans maintenant. La plus grande course de trail de l’année a regroupé (quasiment) l’ensemble des meilleurs traileurs et traileuses du monde sur la distance. Mais cette fois-ci, les choses étaient différentes, avec un format de course inédit. Pour la première fois, les courses s’enchainaient durant 4 jours d’affilés, et autre nouveauté, il y avait des courses dans la course ! En effet, comme en vélo, les athlètes allaient se battre pour être le meilleur grimpeur, sprinteur et descendeur, en plus du classement général. Le combat s’annonçait épique, d’autant que les conditions n’ont pas aidé les coureurs.

Les Açores sont des îles volcaniques au relief tourmenté, aux rochers coupants et à la végétation dense, voir de la jungle sur certaines portions. Climat doux et clément réputé pour son anti-cyclone qui pendant 4 jours avait déserté les îles. Nous avons donc eu de la pluie tous les jours, un brouillard constant sur les hauteurs. Le tout saupoudré de vent allant entre 60 et 120 km/h ; dantesque !

Prologue

Premier jour de chauffe pendant lequel je m’occupe essentiellement des athlètes arrivés avec des tensions et d’anciennes douleurs articulaires ou musculaires. Bart Przedwojewski arrive avec une douleur au mollet droit sur lequel je pose de suite une bande de patch lui entourant la jambe dans le but de maximiser la cicatrisation. Il va falloir tenir 4 jours !

Blandine Lhirondel, souffrant d’une côte qui l’empêche de faire certains mouvements et bloque sa respiration, a longuement hésité à venir … pourtant quelques patchs bien placés plus tard, la voilà qui respire normalement et bouge ses bras avec aisance. Elle n’en revient pas et moi non plus ! Espérons que cela tienne les 4 jours de batailles à venir. Certains s’endorment ce soir-là, avec des patchs sur les zones de tensions, préparation nécessaire au premier combat !

Bart Przedwojewski

Stage 1

Les coureurs s’étripent de 9h à midi et dés 14h les athlètes affluent dans ma salle de soin, clopin-clopant. Certains sont déjà dans le dur avec des entorses, des glissades, des coups et des bleus, pendant que d’autres viennent pour des réglages de posture.

Vu l’étendue de certaines perturbations, notamment sur les mollets, les quadriceps ou les ischios, j’opte pour l’utilisation de bandes de patchs que je découpe à la dimension voulue. Elles sont extrêmement pratiques sur les grosses contusions musculaires mais aussi sur les petites entorses des doigts car je peux découper les patchs au format adéquat.

Stian Angermund se plaint de fortes tensions résiduelles dans les fessiers qui résistent aux étirements et aux massages. Je pose deux gros patchs adaptés à la forme des muscles, afin de continuer le travail de détente musculaire pendant la nuit et prévenir l’apparition de nouvelles tensions demain pendant l’effort.

Stian Angermund

Stage 2

 7h du matin, me voilà déjà en train de faire des strappings de chevilles et de genoux, armures nécessaires aux descendeurs, qui face au terrain de boue, de ronces, de branches et de trous, cherchent à absolument consolider les articulations sollicitées. Encore 3 jours de course !

A 14h, de nouveaux athlètes font leurs apparitions. Les corps subissent des traumatismes intenses. Cependant, tout le monde a le sourire aux lèvres ! Tous sont heureux de pouvoir continuer la compétition aux Açores alors qu’en France le confinement bloque les sorties en montagnes et ferme les centres de sport.

Plus de trente athlètes viennent me voir ce jour-là. Les stratégies de course vont bon train. Il faut tenir encore deux jours à coups de 30 km et 1500 m de dénivelé positif dans des conditions très glissantes.

Maude Mathys a toujours ses ischios sensibles mais aucune aggravation, voir du mieux. Les réglages musculaires sont aux millimètres.  

Stian (Angermund) n’a pas souffert des fessiers, il est content. Une vieille tension sur son quadriceps droit réapparait. Ce n’est pas encore une gêne, mais en prévention, nous décidons de lui patcher la cuisse.

Bart (Przedwojewski) sent encore son mollet le gêner. Nous changeons ses patchs, tellement les premiers ont été salis, abimés et détruits par l’intensité du terrain.

Je rencontre Fréderic Tranchand, champion de course d’orientation, qui est tombé la veille sur sa hanche et dont un gros hématome l’empêche de courir normalement, engendrant une gestuelle de course qui lui fait perdre beaucoup d’énergie. Il découvre les patchs Stimcare que je dépose sur les différents impacts ainsi que sur ses pieds, dans le but de libérer de vieilles tensions posturales mises en évidence après quelques tests.

Avec Remi Bonnet qui vise une place au général et celle de meilleur grimpeur, on passe du temps à rééquilibrer la posture, afin que le rythme des jambes ne soit pas entravé par des tensions internes et que le diaphragme donne tout son potentiel.

Après cette longue journée je suis donc couché tard ce soir-là et levé tôt le lendemain pour les straps d’avant course !

Stage 3

La fatigue est au rendez-vous. Les coureurs sont malmenés par le vent fort, le brouillard et la boue épaisse. Les efforts s’accumulent, la lucidité baisse et les chutes s’accentuent. Des chevilles, des genoux, des bleus. Thibaut Baronian s’écroule dans un trou d’eau et rétrograde à la 11e place, sortant du top 10. Massage, étirement et patchs le remettent sur pied pour le combat final !

Frédéric (Tranchand) revient me voir, enchanté par son équilibre retrouvé la veille. Ses muscles étant remplis d’acide lactique des efforts d’adaptation du jour 2, il n’a pas pu s’exprimer lors de ce stage 3, mais il a nettoyé son organisme et il est prêt à en découdre pour le lendemain.

Il faut être inventif face aux différentes perturbations et heureusement grâce aux patchs, j’arrive à avoir des actions de détente musculaire impensable sans cet outil. En jouant sur les lois de Sherrington, j’active des muscles faibles pour relâcher les antagonistes forts. Ajouter à cela, du chlorure de magnésium en poudre et des petits miracles ont lieu tous les soirs. L’exemple type est Candice (Fertin) qui pensait ne pas passer le prologue, suite à une sciatique invalidante ayant flambée dans l’avion à son arrivée, et qui est encore là ce soir ! Elle va même mieux.

Stage 4

Dernière course : les chiens sont lâchés sur un parcours de replis car le vent dépassant les 120 km/h au sommet de la caldera rendent le passage trop dangereux.

Bart, héroïque, s’accroche à Jim Walmsley qui retrouve un terrain plus roulant et s’envole vers la victoire d’étape.

Maude ne lâche pas Rachel Drake mais lui concède également la 4e manche. Plus aucune douleur aux ischios : contrat rempli. Pendant qu’Amandine conforte sa troisième place qu’elle occupe depuis le stage 1. Elle a finalement eu raison de venir me voir, les douleurs liées à la côte se sont envolées sous l’action des patchs.

Thibaut sauve sa 10e place avec un retour en très grande forme, pendant que Rémi fait l’effort pour passer en tête au général de la montée (Uphill), Théo gagne le sprint et Ana Cufer s’envole dans la descente ; les chevilles ont tenu !

Jamais, je n’avais eu la chance de suivre des courses aussi intenses avec une telle cadence. Même les corps les mieux préparés subissent tous une baisse de régime, suite à des chutes, ou de vieilles perturbations qui resurgissent avec la fatigue accumulée.

C’est précisément à ce moment-là que les patchs entrent en action selon 3 modes différents :

  • Directement sur les endroits blessés (coups, bleus, bosses, entorses, contractures, tendinites …) afin de ramener du sang dans la zone pour mieux nettoyer et cicatriser.
  • Sur les cicatrices anciennes qui gardent des adhérences profondes actives et qui perturbent à bas bruit la gestuelle, finissant jour après jour à coûter très cher en énergie.
  • Sur les muscles directeurs afin de libérer et de guider l’articulation perturbée, faire du sur-mesure sur l’ensemble des chaines musculaires suite à des tests physiques adaptés pour modéliser les perturbations et voir les corrections une fois rééquilibrées par les patchs.  

Au final, qu’ils soient des habitués ou des novices, des champions ou des amateurs, ce sont une belle brochette d’athlètes qui ont fait confiance aux Patchs Stimcare durant ce Golden trail championship. Et nous sommes fiers de les avoir accompagnés durant ces 5 jours intenses de compétition, et pour certains jusqu’au podium !

Maude Mathys  1ère

Ana Cufer 1ère descendeuse

Blandine Lhirondel 3e

Tove Alexandersson 4e

Camille Bruyas 6e

Fanny Borgstrom 8e

Meg Mackensie 14e

Ariane Wilhem 27e

Candice Fertin 36e

Bartlomiej Przedwojewsky  1er

Théo Detienne 1er Sprinteur

Frédéric Tranchand 3 e

Elhousine Elazzaoui 4e

Stian Angermund 5 e

Remi Bonnet 1er de la montée et 8 e au général

Thibaut Baronian 10e

Joey Hadorn 12e

Artiz Egea 14 e

Riccardo Borgialli 15 e

Marcin Rzeszotko 17 e

Jan Margarit 21 e

Ludovic Pommeret 27e

Julien Michelon Abandon

Max King Abandon